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Tous les jours nous entendons nos patients se
plaindre de douleurs inflammatoires : entorses,
tendinites, arthrose, maladies rhumatismales, etc.…
Est-il judicieux d'utiliser la cryothérapie à tout
bout de champ ? Quelle est la meilleure
thérapeutique contre cette inflammation ?
Nous connaissons
tous les trois phases de l'inflammation : la phase vasculaire,
la phase cellulaire et la phase de réparation.
Dans la première phase, le glaçage est intéressant
puisqu'il permet de réduire la chaleur, la rougeur et
l'œdème grâce à la vasoconstriction conséquente.
Mais cette phase ne dure qu'une demi-journée voire une
journée.
Au-delà, la mobilisation liquidienne, par son apport
sanguin nécessaire à la migration des leucocytes et
par son apport hormonal indispensable à la réalisation
du traitement de l'inflammation, nous semble évidente.
Le glaçage est donc à proscrire.
Mais quel est donc le meilleur traitement de l'inflammation
dans cette phase ?
C'est évidemment le pompage articulaire qui permet d'augmenter
la migration des leucocytes et l'action hormonale vers
l'articulation et qui normalise les tensions de la capsule
articulaire et des ligaments.
Quelques généralités
La membrane synoviale est l’une des structures de l’organisme
les plus accessibles au processus inflammatoire.
On parle d’inflammation articulaire dans
les rhumatismes inflammatoires, les arthrites infectieuses,
les atteintes traumatiques et dégénératives.
L’inflammation peut être pathogène c‘est à dire qu’elle
est susceptible de contribuer, à l’aggravation des lésions
et à la prolongation des manifestations cliniques.
Les mécanismes de l'inflammation articulaire :
Un rappel des mécanismes
de l'inflammation articulaire
La phase vasculaire se divise en deux sous-phases
:
-- la première sous-phase se caractérise par la modification
de la vascularisation locale, entraînant une exsudation
plasmatique donc de l'oedème. Répétons-le, le glaçage
est la meilleure thérapeutique à ce moment-là.
-- la deuxième sous-phase demande une vasodilatation
de la microvasculature avec augmentation de la chaleur
et de la rougeur. Il faut donc favoriser la nature non
pas en glaçant mais par les pompages articulaires liquidiens.
Elle doit amener les leucocytes pour lutter contre
l'accentuation immédiate de l'inflammation. Elle doit
amener également des macrophages pour favoriser l'élimination
des déchets inhérents à cette action leucocytaire. Que
trouver de plus efficace que le pompage articulaire
liquidien pour augmenter cet apport des premiers défenseurs
de l'organisme contre l'inflammation ?
Elle dépend du type de l'inflammation. Est-elle arthritique,
arthrosique, catarrhale, sérofibrineuse, hémorragique,
purulente ?
Cette phase permet la reconstruction principalement
de la membrane synoviale pour éviter à l'articulation
une évolution néfaste avec la formation d’un panus,
une dégénérescence du cartilage articulaire d’où une
dégénérescence des chondrocytes voire une destruction
de l’os sous-chondral.
Cette réadaptation de l'articulation au mouvement
peut se faire certes par de nombreuses techniques de
mobilisation et de rééducation que tout le monde maîtrise,
associé bien entendu aux pompages liquidiens articulaires.
Pourquoi les pompages
liquidiens ?
Nous avons vu l'intérêt de la migration des polynucléaires
dans les phases initiales de l'inflammation, mais il
s'agit aussi d'accentuer le transport des médiateurs
hormonaux de l'inflammation.
C’est ce dialogue entre les mains de
l'ostéopathe et les tissus enflammés de l'articulation
qui vont permettre une meilleure communication avec
le processus hormonal de cicatrisation de l'inflammation.
Quels sont les principaux
médiateurs de l’inflammation ?
Le premier est peut-être le facteur Hageman (facteur
XII de la coagulation). Son activation se produit au
contact de substances variées ; en particulier celles
qui ont une surface de structure cristalline ou para
cristalline anisotropique.
Ensuite l'histamine, caractérisée par son action
explosive et brève entraînant une vasoconstriction et
une augmentation de la perméabilité vasculaire, sera
stimulée par le glaçage.
L’apport de la sérotonine y est complémentaire.
Les quinines ont un rôle fondamental mais extrêmement
bref ; elles déclenchent la vasodilatation, augmentent
la perméabilité vasculaire, et une hypotension artérielle
locale.
C'est un des médiateurs qu'il faut rapidement stimuler
par le pompage articulaire liquidien. Les prostaglandines
interviennent dans le même sens, ont une durée d'action
qui prend le relais des quinines. Il faut donc stimuler
leur apport par le pompage articulaire.
Le complément participe aux phases vasculaire et
cellulaire.
Enfin, les médiateurs à action cellulaire ont pour
rôle essentiel le contrôle de la migration cellulaire
et celui de la phagocytose.
Tous ces médiateurs qui ont également un rôle important
dans la phagocytose des déchets produits par l'inflammation
se doivent d'être activés, stimulés, augmentés.
Qu'est-ce que le pompage
articulaire liquidien ?
C'est un travail tissulaire indolore
mis au point par divers ostéopathes et qui demande une
bonne connaissance de l'anatomie des fasciae, de la
biomécanique et du M. R. P. (mouvement respiratoire
primaire).
Quand on travaille sur un liquide synovial, le mouvement
peut être proprement articulaire mais dès que l'on travaille
sur la cicatrisation ligamentaire (arthrose) ou synoviale
(rhumatisme inflammatoire) il convient de respecter
l'intégrité de ses fasciae et de solliciter un rythme
propre ou M. R. P.
Tous ces mouvements sont lemniscatoires.
La stimulation liquidienne se fait avec une main
qui écoute les tissus et l'autre qui agit sur l'induction
des liquides dans ces tissus soit par stimulation soit
par inhibition. Il se crée alors un gradient de pression
d'aspiration ou de propulsion qui va engendrer le déplacement
de liquide et la stimulation hormonale demandée.
Il existe environ 600 pompages articulaires très
ciblés, pour agir électivement donc efficacement sur
l'articulation donnée.
Ils peuvent être pratiqués quel que soit le type
d'inflammation : purulente, hémorragique, microcristalline
etc.
Mais attention ! S'il existe autant de
pompages c'est qu'on ne parle pas d'articulation à traiter
mais de ligaments, de fasciae à traiter.
Il faudra donc une excellente maîtrise
de la technique.
Exemple de pompage précis
Pompage du repli pectinéo-fovéal d’Amantini sur une
coxarthrose : travail possible en phase cellulaire,
en face de réparation et sur les séquelles de l'inflammation.
1- départ en abduction + rotation
interne de hanche

2- rotation
externe + flexion de hanche actives sur un temps inspiratoire

3- descente du grand trochanter,
rotation interne et
adduction de hanche passives

Attention : ce pompage est donné
à titre d'exemple et demande une excellente maîtrise
de la technique; il est interdit de le pratiquer sur
une prothèse de hanche pour éviter tout risque de luxation.
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