Guy Voyer, ostéopathe DO


 

 

 

 

Traitement volumétrique et normalisation du fascia présacral

 

 

Rappel


Le corps est constitué de 70% d’eau intra et extracellulaire.

Cette eau permet la mobilité et le déplacement de très nombreux vecteurs, à condition que cette dernière soit elle-même mobile.

Ce liquide, associé à du tissu conjonctif inorganisé, ne se déplace pas n’importe comment. Il a des mouvements lemniscatoires antéro-postérieurs, transversaux, obliques etc.

Ce liquide se trouve dans des « sacs » que l’on nomme péritoine, lorsqu’il s’agit des viscères abdominaux, plèvre, lorsqu’il s’agit des poumons, « péricarde » lorsqu’il s’agit du cœur etc. Le terme général étant « fascia ».

Le plus important des nombreux fasciae du petit bassin semble être le fascia présacral, car il est en rapport avec tous les organes uro-vésicaux et génitaux, et avec le reliquat de l’aorte embryologique (artère sacrale médiane), les veines parallèles et surtout la connexion des 2 branches sympathiques terminales avec le ganglion de Walter.

 

Description de la technique  

 


1 - Traitement volumétrique 


Il convient d’écouter la motilité intra pelvienne et de la suivre jusqu’à sentir un point d’équilibre.

Ce travail doit se maintenir dans la même direction, jusqu’à sentir une résistance, voire un petit rebond auquel l’on s’associera immédiatement dans le sens du retour.

Ce travail se poursuit jusqu’à ce qu’une relative densité soit perçue sans aucun mouvement extrinsèque, mais un point d’équilibre signifiant que la normalisation est atteinte.

Il se peut que l’on n’arrive pas à ce point d’équilibre, car une lésion intrinsèque (viscérale ou autre) perturbe ce mouvement liquidien. Bien entendu, cette information diagnostique sera immédiatement prise en compte et traitée avant de reprendre la normalisation volumétrique.

 

Selon P. Kamina (petit bassin et périnée tome 1) Ed.maloine


2 – Normalisation intrinsèque

La motilité du fascia présacral doit être indépendante de la mobilité intrinsèque du sacrum.

Pour cela, il convient de placer la main céphalique sur le sacrum en direction caudale, thénar et hypothénar sur les sulcus et le III vers le coccyx ; cette main écoute la motilité du fascia présacral.

La main caudale est placée au-dessus de la main céphalique, les doigts vers l’occiput ; cette main aura la responsabilité de normaliser la mobilité du sacrum.

Il est vrai qu’il n’est pas aisé de suivre avec la main caudale la respiration mécanique et avec la main céphalique le MRP. Les rythmes étant proches mais différents, l’ostéopathe pourra induire l’exagération de cette différence en freinant l’un ou l’autre des mouvements pour créer un délai et normaliser la motilité du fascia présacral.

Les rythmes doivent être normalisés jusqu'à être différents mais réguliers pour justifier de leur autonomie, de leur rapport mais surtout de l’inexistence de tout liens de type adhérences ou autres.


 

Ce traitement volumétrique rentre bien entendu soit en phase avec un travail volumétrique global du thorax, de l’abdomen, du cou, etc., soit en association avec un traitement plus local au niveau du petit bassin selon chaque patient.

Il est indispensable d’éliminer toutes adhérences entre les mouvements des sacro-iliaques et le fascia présacral. En effet, il serait inopportun de corriger une articulation sacro-iliaque dans le cadre d’un problème orthopédique classique (lombalgie ou autre) alors qu’en même temps la manipulation structurelle créerait une lésion intra pelvienne (torsion utérine, vésicale, ovarienne, etc.) à cause de la nouvelle tension créée par cette manipulation intempestive, sur ce fascia en lésion.