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Article publié par
Sportcom
1er décembre 2003
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Montréal, le 1er décembre
2003 (Sportcom) — Myriam Boileau connaissait les
meilleurs moments de sa carrière lorsqu’une blessure
au dos est venue tout stopper, il y a plus d’un an
maintenant. Victime de deux hernies discales, la
plongeuse montréalaise avait de la difficulté à
marcher, alors plonger, elle n’y pensait même pas. «
Je ne fonctionnais plus du tout », se rappelle
l’athlète de 26 ans. « Je ne pouvais pas rester
assise plus d’une heure. Je devais me lever
plusieurs fois la nuit parce que j’avais trop mal.
Ce n’était pas drôle. »
En septembre 2002, elle subissait une première
opération. On lui a brûlé les blocs facétaires de
ses deux disques. « J’ai arrêté de plonger pendant
huit semaines, a raconté Boileau, mais, juste à
l’échauffement, mon dos n’a pas tenu. C’était
vraiment trop sensible. » C’est alors que son
médecin, le docteur Claude Bouthillier, lui propose
une intervention expérimentale. Elle sera la
première athlète québécoise à subir cette chirurgie.
Comme elle savait si bien le faire, Myriam n’hésite
pas et elle plonge. « Je n’étais pas stressée du
tout à l’idée de me faire opérer. J’étais rendue là.
»
Le 19 décembre 2002, on lui brûle les terminaisons
nerveuses des noyaux de deux de ses disques. « Je ne
sais pas si c’est exactement cela, mais, ce que j’ai
compris, c’est que, lorsque mes noyaux touchaient à
la partie gélatineuse du disque, ça provoquait une
réaction chimique qui provoquait la douleur et les
hernies. En brûlant les terminaisons nerveuses, même
lorsque le noyau bouge, il n’envoie plus
d’information à mon cerveau et je ne ressens plus
rien, parce que mes hernies, je les ai encore »,
explique l’étudiante en service social.
Bien que l’opération ait bien fonctionné, Myriam
n’est remise qu’à 70 %. Elle a dû porter un corset
pendant près de huit semaines et se payer six mois
de complète réadaptation. C’est qu’au fil des mois,
en raison de la douleur, elle a pris de mauvaises
habitudes en plus d’affaiblir son corps. « Pour la
vie de tous les jours, j’étais correcte, mais ce
n’était pas suffisant pour revenir à l’entraînement.
Petit à petit, je faisais mon deuil de revenir à la
compétition un jour », confie-t-elle.
Pris en charge par plusieurs spécialistes, chacun
lui redonnait de l’espoir. Boileau a entre autres
travaillé avec Nathalie Landry pour sa réadaptation,
avec Yves Éthier pour sa musculation, mais surtout,
avec Guy Voyer, un ostéopathe. « Il m’a sauvé la vie
», lance avec entrain la double médaillée des Jeux
du Commonwealth de 1998. « En septembre dernier,
j’avais toujours une douleur persistante à droite.
Je savais que je voulais replonger pour l’année
olympique, mais c’était clair que je m’attendais à
plonger dans la grosse douleur. Puis, Guy Voyer m’a
craqué le sacro-iliaque et là, toute la douleur est
disparue. C’était comme un miracle ! »
Les premiers
sauts à l’eau
« J’avais le cœur dans le tapis ! »
Myriam Boileau avait l’impression qu’elle ne savait
plus plonger lorsqu’elle est retournée à la piscine
le 22 septembre dernier. Son entraîneure à
Pointe-Claire, Li Hua, l’attendait avec impatience,
elle qui n’a cessé de l’encourager pendant toute sa
convalescence.
« J’avais peur. J’avais peur de faire un plongeon et
que toute cette douleur revienne. Je ne savais plus
faire un plongeon, j’étais toute perdue. » Au moins,
Myriam pouvait compter sur un corps en forme. Dans
son programme de réadaptation, elle a fait jusqu’à
huit entraînements de musculation par semaine. Elle
a suivi une diète stricte pour ne pas prendre de
poids. Elle était prête, ne lui restait qu’à tenter
de plonger. « À mon premier saut à l’eau, j’ai senti
quelque chose s’étirer dans mon dos. Je me suis dit
: « J’ai pas tout fait ça pour que ça pète à mon
premier saut. »
Mais elle a poursuivi et six semaines après cette
stressante première journée, elle maîtrisait ses
plongeons à la tour de 10 mètres. « Je ne voulais
pas finir ma carrière en queue de poisson. Je suis
tellement fière d’avoir relevé le défi », confie
celle qui a profité de cette année loin des piscines
pour travailler bénévolement dans un centre pour
femmes victimes d’agressions sexuelles. « Une
blessure, ça ouvre sur le monde. »
Le prochain défi de la plongeuse sera de se tailler
une place au sein de l’équipe de Coupe du monde lors
de la rencontre CAMO Invitation, qui aura lieu à
Montréal du 4 au 7 décembre. Pour cela, elle doit
terminer parmi les deux premières à la tour, une
tâche qui ne sera pas facile pour Myriam Boileau,
mais un passage obligé vers les Jeux olympiques.
« Je veux aller aux Jeux olympiques. Je suis revenue
pour ça », dit-elle avec détermination. Boileau a
raté à deux occasions sa qualification, terminant
troisième lors des sélections de 1996 et 2000, mais
en 2004, elle entend ne pas rater son coup.
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