 |
Article publié par
Radio-canada.ca
5 décembre 2003
|
5
décembre 2003 – Blessée sérieusement au dos, Myriam Boileau a dû se
retirer du plongeon pendant plus d'un an. Le rêve olympique pas encore
accompli et désirant relever un important défi pour elle-même, la
courageuse athlète de 26 ans revient à la compétition lors du
Championnat CAMO Invitation en fin de semaine à Montréal.
Son
retour à la tour de dix mètres, Myriam le doit à deux opérations, à
l'intervention d'un ostéopathe, au soutien de son entraîneur de
Pointe-Claire Li Hua, à sa famille et surtout à une grande
détermination. «Le 19 décembre, j'ai subi une opération expérimentale
nommée Idet, explique Boileau. Je devenais la première athlète à
soumettre mon corps à cette intervention qui consistait à me brûler les
terminaisons nerveuses des noyaux de deux de mes disques.»
Après
cette opération majeure, l'étudiante en service social n'est rétablie
qu'à 70%, elle ressent toujours une douleur persistante à la droite de
son dos. «C'est à ce moment que j'ai rencontré l'ostéopathe Guy Voyer
et c'est vraiment lui qui m'a sauvé la vie, avoue-t-elle, le sourire
radieux. Il m'a fait craquer le sacro-iliaque et par magie la douleur
est disparue.»
Remise de
cette douloureuse blessure, Myriam reprend enfin l'entraînement en
septembre, quatorze mois après sa participation aux Jeux du
Commonwealth, à Manchester au Royaume-Uni, où elle a pris le cinquième
rang au dix mètres.
«Pendant
cette longue période d'inactivité, j'ai vraiment vécu une période
difficile puisque je me retrouvais prise entre deux feux : celui de
faire le deuil de ma carrière de plongeuse ou de me battre pour la
poursuivre, admet-elle. Heureusement, j'ai fait le bon choix, mais j'ai
dû réapprendre à plonger et surtout chasser la crainte de me blesser à
nouveau.»
Myriam visera une
place parmi les deux premières Canadiennes lors de son retour en action
au Championnat CAMO Invitation. Un tel résultat lui permettrait de
prendre part à la Coupe du monde d'Athènes en février prochain.
Un palmarès éloquent
En
1997, à la Coupe du monde FINA de Mexico, Myriam a réalisé un exploit
peu banal en devenant la première Canadienne à décrocher une médaille
d'or à une compétition internationale. Elle détient également trois
médailles des Jeux du Commonwealth et plusieurs titres canadiens, mais
n'a pourtant jamais représenté le Canada aux Jeux olympiques.
«C'est
certain que ça me fait mal au coeur de ne pas avoir encore vécu
l'expérience olympique, il s'agit du rêve de tous les athlètes, de
l'ultime récompense», précise-t-elle. Ce mauvais sort, elle pourrait le
conjurer en s'envolant en direction d'Athènes en 2004. «Une fois sur le
tremplin aux Jeux, je vais me féliciter pour mon courage et ce sera un
rêve de voir enfin mon nom sur le tableau des Jeux.»
Une grande soeur pour Alexandre
Le retour à la compétition de Myriam réjouit Alexandre Despatie, qui la prenait comme une grande soeur à ses débuts.
«Myriam
a tout fait dans sa carrière sauf participer aux J.O., explique
Despatie. Je crois que plusieurs personnes deviendraient très émotives
si elle réussissait à se qualifier. Dans son cas, ce n'est pas comme si
on voulait lui donner sa chance, elle la mérite pleinement.»
|