Guy Voyer, ostéopathe DO


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Le 10 juin 2004

 

Myriam Boileau : « Je suis revenue »

Robert Foisy
 

Myriam Boileau aurait eu toutes les raisons d'abandonner le plongeon. Pourtant, elle se prépare maintenant pour... les Jeux olympiques d'Athènes.

 

C'est en février 2002 qu'une douleur persistante au dos a fait son apparition.

« J'étais moins flexible, mes séances d'échauffement étaient plus difficiles, souligne-t-elle. Je suis partie pour les championnats canadiens à Québec et là, lors d'un plongeon, j'ai bien senti la douleur. »

Boileau a vu plusieurs spécialistes avant que le verdict tombe finalement, en juillet 2003, après un examen d'imagerie par résonance magnétique : double hernie discale.

« Ce n'est pas compliqué, je n'avais plus de vie, se souvient-elle. Je ne pouvais pas conduire ma voiture plus de 20 minutes, j'avais du mal à dormir, je ne m'entraînais presque plus, environ quatre fois par semaines, 20 minutes chaque fois. C'était ridicule. J'ai été sous l'effet des anti-inflammatoires durant six mois. »

Cinq mois plus tard, Boileau subissait une intervention chirurgicale expérimentale visant à brûler les terminaisons nerveuses dans la région affectée.

« Après, j'ai pu fonctionner dans la vie de tous les jours, mais une certaine douleur demeurait et m'empêchait de reprendre l'entraînement auquel doit se livrer une athlète de calibre international, explique-t-elle. En juin 2003, je suis donc allée consulter un ostéopathe, Guy Voyer, qui m'a dit que, si je suivais ses indications à la lettre, j'allais reprendre le plongeon. »

 

Bénévolat salutaire
Durant tout ce temps, la plongeuse de Montréal et étudiante en service social à l'Université de Montréal faisait du bénévolat pour occuper ses journées. D'abord auprès de jeunes par l'aide aux devoirs; puis auprès de femmes victimes d'agressions sexuelles.

« Ç'a été dur, mais vraiment valorisant, soutient-elle. Je pense qu'à partir de ma première journée avec ces femmes-là, j'ai commencé à accepter ma condition. C'est là que j'ai vraiment commencé à guérir. »

En octobre dernier, elle reprenait finalement le plongeon.

« Je n'ai plus mal du tout », précise-t-elle en souriant autant des yeux que de la bouche.

 

Enfin...
Boileau, âgée de 26 ans, est habituée aux déceptions. Malgré de bons résultats sur la scène internationale, elle a terminé troisième aux sélections olympiques canadiennes en 1996, puis en 2000, ratant tour à tour les Jeux d'Atlanta et de Sydney.

C'est pourquoi elle n'oubliera jamais la journée de dimanche dernier, celle où elle a obtenu son billet pour la plate-forme de 10 mètres des Jeux d'Athènes, en vertu de sa deuxième place aux sélections à Winnipeg.

« J'avais de la difficulté à le croire, admet-elle. Quand je suis sortie de l'eau, j'ai salué la foule, puis je suis allée derrière pour chercher mes effets personnels. Là, je me suis mise à pleurer. J'étais enfin récompensée pour tous les obstacles que j'avais dû traverser. Mes parents aussi étaient là. Tout le monde pleurait. »

Mme Yi Hua Li, son entraîneur, à qui elle dit devoir ce retour en force au plongeon, devait aussi être plutôt émue.

« Je suis revenue, et plus forte qu'avant, lance Myriam Boileau. Maintenant, emmenez-en des obstacles ! »