Myriam Boileau aurait eu toutes les raisons d'abandonner le plongeon.
Pourtant, elle se prépare maintenant pour... les Jeux olympiques d'Athènes.
C'est en février 2002 qu'une douleur persistante au dos a fait son
apparition.
« J'étais moins flexible, mes séances d'échauffement étaient plus difficiles,
souligne-t-elle. Je suis partie pour les championnats canadiens à Québec et là,
lors d'un plongeon, j'ai bien senti la douleur. »
Boileau a vu plusieurs spécialistes avant que le verdict tombe
finalement, en juillet 2003, après un examen d'imagerie par résonance magnétique
: double hernie discale.
« Ce n'est pas compliqué, je n'avais plus de vie, se souvient-elle. Je ne
pouvais pas conduire ma voiture plus de 20 minutes, j'avais du mal à dormir, je
ne m'entraînais presque plus, environ quatre fois par semaines, 20 minutes
chaque fois. C'était ridicule. J'ai été sous l'effet des anti-inflammatoires
durant six mois. »
Cinq mois plus tard, Boileau subissait une intervention chirurgicale
expérimentale visant à brûler les terminaisons nerveuses dans la région
affectée.
« Après, j'ai pu fonctionner dans la vie de tous les jours, mais une certaine
douleur demeurait et m'empêchait de reprendre l'entraînement auquel doit se
livrer une athlète de calibre international, explique-t-elle. En juin 2003, je
suis donc allée consulter un ostéopathe, Guy Voyer, qui m'a dit que, si je
suivais ses indications à la lettre, j'allais reprendre le plongeon. »
Bénévolat salutaire
Durant tout ce temps, la plongeuse de Montréal et étudiante en service social à
l'Université de Montréal faisait du bénévolat pour occuper ses journées. D'abord
auprès de jeunes par l'aide aux devoirs; puis auprès de femmes victimes
d'agressions sexuelles.
« Ç'a été dur, mais vraiment valorisant, soutient-elle. Je pense qu'à partir
de ma première journée avec ces femmes-là, j'ai commencé à accepter ma
condition. C'est là que j'ai vraiment commencé à guérir. »
En octobre dernier, elle reprenait finalement le plongeon.
« Je n'ai plus mal du tout », précise-t-elle en souriant autant des yeux que
de la bouche.
Enfin...
Boileau, âgée de 26 ans, est habituée aux déceptions. Malgré de bons résultats
sur la scène internationale, elle a terminé troisième aux sélections olympiques
canadiennes en 1996, puis en 2000, ratant tour à tour les Jeux d'Atlanta et de
Sydney.
C'est pourquoi elle n'oubliera jamais la journée de dimanche dernier, celle
où elle a obtenu son billet pour la plate-forme de 10 mètres des Jeux d'Athènes,
en vertu de sa deuxième place aux sélections à Winnipeg.
« J'avais de la difficulté à le croire, admet-elle. Quand je suis sortie de
l'eau, j'ai salué la foule, puis je suis allée derrière pour chercher mes effets
personnels. Là, je me suis mise à pleurer. J'étais enfin récompensée pour tous
les obstacles que j'avais dû traverser. Mes parents aussi étaient là. Tout le
monde pleurait. »
Mme Yi Hua Li, son entraîneur, à qui elle dit devoir ce retour en force au
plongeon, devait aussi être plutôt émue.
« Je suis revenue, et plus forte qu'avant, lance Myriam Boileau. Maintenant,
emmenez-en des obstacles ! »