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Article publié par
www.fmtmedical.com
No 74, mars-avril-mai 2005
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FMT Mag
se veut une revue plurielle, elle est
attentive à tous les écrits. Deux
collègues ont joint leurs efforts pour
nous expliquer l’intérêt d’une technique
spécifique et ostéopathique capable
d’éviter les récidives d’entorse de
cheville. Je n’ai aucun doute sur leur
volonté d’être efficaces pour leur
patients, mais je reste insatisfaite sur
les supports théoriques qui devraient
étayer leur argumentaire, c’est un
premier article dans notre revue, je
suis persuadé que les suivants seront
plus incisifs et que vos questions dans
notre courrier les inviteront à plus de
rigueur.
Marthe BENA
L'entorse externe de la tibio-tarsienne
est l'un des motifs de consultation les
plus fréquents dans les cabinets de
kiné. Comment pouvons-nous traiter le
plus efficacement possible ce
traumatisme ?
Et surtout comment faire pour éviter
d'une part la récidive, souvent plus
grave que la première entorse ; et
comment empêcher d'autre part ses
répercutions sur le reste du corps ?
En quoi le pompage est-il primordial ?
Bien entendu, il faudra une excellente
maîtrise de la technique ; s'il faut 4
jours de séminaire pour comprendre et
pratiquer une centaine de techniques de
pompage, il faut des mois de pratique
personnelle pour en maîtriser tout le
potentiel.
Quelle est la définition
ostéopathique de l'entorse ? C'est principalement un varus subit et
exagéré qui, étant donné les axes de
mobilité de la tibio-tarsienne et de
l'astragalo-calcanéenne, entraîne un
étirement du faisceau antérieur du
ligament latéral externe de la cheville
; mais surtout, une lésion céphalique du
fût fibulaire. Tout le monde s'accorde sur l'importance
de la mortaise tibio-péronière. Mais pour que celle-ci fonctionne
correctement, il faut une bonne mobilité
du fût fibulaire dans le sens
caudo-céphalique et céphalo-caudal. Or, la fibula (ou péroné) doit
l’orientation de sa tête, aux six
ligaments suivants : - L’expansion tibiale du muscle biceps
crural, - Le ligament latéral externe,
- Le tendon du muscle biceps crural, - Le ligament fabelo-fibulaire,
- Le ligament fibulo-tibial supérieur, - Le ligament de Barkow. (Voir ces ligaments sur une vue post-ext
du genou).
Or, comme la lésion est maintenue par un
seul de ces ligaments, une instabilité
de la cheville persiste et c'est la
récidive assurée. Il est donc facile
d'en déduire le traitement : avant tout
traitement classique, il convient de
normaliser ces moyens d’unions.
Rappels concernant
l'inflammation : Il y a 3 phases dans l'inflammation
articulaire :
-La phase vasculaire qui se divise en
2 sous-phases : La première sous-phase se caractérise
par la modification de la
vascularisation locale, entraînant une
exsudation plasmatique donc de l'oedème.
Comme nous l'avons expliqué dans
l'article précédent, le glaçage est la
meilleure thérapeutique à ce moment-là.
La deuxième sous-phase demande une
vasodilatation de la microvasculature
avec augmentation de la chaleur et de la
rougeur. Il faut donc favoriser la
nature non pas en glaçant mais par les
pompages articulaires liquidiens.
-La phase cellulaire :
elle doit amener les leucocytes pour
lutter contre l'accentuation immédiate
de l'inflammation. Elle doit amener
également des macrophages pour favoriser
l'élimination des déchets inhérents à
cette action leucocytaire. Que trouver
de plus efficace que le pompage
articulaire liquidien pour augmenter cet
apport des premiers défenseurs de
l'organisme contre l'inflammation ?
-La phase de réparation :
Elle dépend du type de l'inflammation.
Est-elle arthritique, arthrosique,
catarrhale, sérofibrineuse,
hémorragique, purulente ?
Cette phase permet la reconstruction
principalement de la membrane synoviale
pour éviter à l'articulation une
évolution néfaste avec la formation d’un
panus, une dégénérescence du cartilage
articulaire d’où une dégénérescence des
chondrocytes voire une destruction de
l’os sous-chondral.
Cette réadaptation de l'articulation au
mouvement peut se faire certes par de
nombreuses techniques de mobilisation et
de rééducation que tout le monde
maîtrise, associées bien entendu aux
pompages liquidiens articulaires.
Qu'est-ce que le pompage
articulaire liquidien ? C'est un travail tissulaire indolore mis
au point par divers ostéopathes et qui
demande une bonne connaissance de
l'anatomie des fasciae, de la
biomécanique et du M. R. P. (mouvement
respiratoire primaire). Quand on travaille sur un liquide
synovial, le mouvement peut être
proprement articulaire mais dès que l'on
travaille sur la cicatrisation
ligamentaire (arthrose) ou synoviale
(rhumatisme inflammatoire) il convient
de respecter l'intégrité de ses fasciae
et de solliciter un rythme propre ou M.
R. P. Tous ces mouvements sont lemniscatoires.
La stimulation liquidienne se fait avec
une main qui écoute les tissus et
l'autre qui agit sur l'induction des
liquides dans ces tissus soit par
stimulation soit par inhibition. Il se
crée alors un gradient de pression
d'aspiration ou de propulsion qui va
engendrer le déplacement de liquide et
la stimulation hormonale demandée.
Il existe environ 600 pompages
articulaires très ciblés, pour agir
électivement donc efficacement sur
l'articulation donnée ; il en existe une
vingtaine pour la cheville.
Traitement
de l'entorse externe de la
tibio-tarsienne : Il n'existe pas de
"recette de cuisine " en ostéopathie. Mais laisser le lecteur sans exemple
concret nous semble difficile.
Au minimum, le praticien devra : - Pomper la tibio-fibulaire inférieure, - Pomper la tibio-astragalienne
antérieure et postérieure, - Pomper la sous-astragalienne, - Pomper le sinus du tarse.
Il poursuivra par un travail
proprioceptif complet de : - La tibio-astragalienne, - L'astragalo-calcanéenne, - La péronéo-astragalienne.
Bien entendu, ce travail se fera en lien
lemniscatoire avec le genou et la hanche
a minima.
En complément, selon les lésions
associées propres à chaque traumatisme,
d'autres pompages seront incontournables
: par exemple, pompage scapho-cuboïdien,
pompage scapho-calcanéen, pompage du
ligament Y...
De même, s'il existe une vingtaine
d'articulations dans le pied, il existe
au moins autant de proprioceptions
différentes ; notez que classiquement,
on n'en travaille qu'une seule sur le
plateau de Freeman.
Le praticien n'oubliera pas de : - Pomper la tibio-fibulaire supérieure, - Faire faire régulièrement un étirement
myo-fascial du biceps crural pour
renforcer la liberté de mouvement du
péroné.
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Exemples de pompages
précis :
I- Pompage de la tibio-tarsienne en décoaptation axiale
1- Position de
départ
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2- Position
d'arrivée
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Attention : ce
pompage est très puissant et
demande une maîtrise parfaite de
la technique !!
II- Pompage du sinus du
tarse
1- Position de
départ
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2- Position
d'arrivée
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III- Normalisation du
ligament de Barkow
1- Position de
départ
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2- Position
d'arrivée
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IV- Etirement
myo-fascial du biceps crural
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